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08/02/2010

Le goût de la panne

081010_Ascenseur_Lignon_03.jpg18heures...

La porte métallique s'ouvre enfin dans un chuintement poussif. Un homme se glisse dans mon dos, le souffle court d'avoir franchi d'un bond les quelques mètres qui le séparaient de l'ascenseur.

18h02 Le regard de l'homme s'arrête un instant sur ma main qui effleure le bouton du 4ème, puis s'adonne à la lecture d'une étiquette collée près du pupitre des commandes. "En raison d'opérations de maintenance, l'accès à l'ascenseur sera interdit le lundi 8 février"

- Pas trop tôt, dit laconiquement l'homme.

18h07 Une secousse met en branle la cage qui s'ébroue sous la tension grinçante du câble. La cabine commence à monter, plus lentement que d'habitude.

18h08 Le néon blafard bat de l'oeil puis claque, plongeant  l'habitacle étroit dans une obscurité à peine troublée par le lumignon verdâtre de l'ampoule de secours.

- Cela devait arriver, dit l'homme.

18h57 Je ferme les yeux... Reprendre ma respiration, contrôler l'orage tachycarde qui m'explose la poitrine... 10 pas et la porte de l'appart...

- T'étais où, je m'inquiétais ...

- La censure était en panne, mais je ne suis plus coincée...


06/03/2009

Le gynéco de la générale

IMG.jpg
rêve n°5
Quand Buster Keaton rencontre Man Ray...
Une alerte septuagénaire
Mariée à un vieux militaire
Alla un matin
Consulter le médecin...
Monsieur, dit la bourgeoise fort marrie,
Qui offriat déjà au toubib une croupe bien arrondie
Lors du dernier assaut, mon vieil étoilé
Dès l'orée de la tranchée, a capitulé!
Sont-ce mes charmes avariés
Qui ont, de l'homme aguerri
Provoqué le soudain repli ?
Le docteur intrigué, juché sur l'escabeau,
S'approcha du théâtre des opérations
Où la baderne en mal d'inspiration
S'était petitement mis au repos...
                                          à suivre... peut-être...

15:19 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nouvelle

02/03/2009

La politique des dessous

IMG.jpg rêve n°4
Roselyne Balot arriva plus tôt qu'à l'habitude. Elle franchit la grille du ministère de l'activité physique vers 7hoo. Elle voulait éviter les railleries de ses collègues masculins et l'heure matinale lui garantissait une relative quiétude dans les couloirs lambrissés. Elle savait les quolibets  qui gravitaient autour de sa personne... le dernier en date, "Roselyne ballotte", allusion perfide à l'opulence mammaire dont Dame Nature , généreuse, l'avait pourvue. Mais elle savait aussi que certains l'aimaient, cette protubérante chair tendre...
Le militaire de service claqua un impeccable salut à son entrée. Son visage ne cilla pas quand elle passa, vêtue de son ensemble en toile écossaise et de ses talons vernis. Ce matin, elle ressemblait à la soeur aînée d'Angus Young... Mais elle n'était pas dupe... on devait rire à gorge déployée des ses excentricités costumées dans les chambrées de la Garde Républicaine... peu importe!
Elle gagna d'un pas alerte, son bureau. Le carton barré d'un "attention fragile" était posé contre le mur. Elle le déballa avec soin... elle devait être prête avant l'arrivée de son sous-secrétaire d'Etat, vers 9h00.
8h57... des pas, il arrivait. Ellle reconnaissait la démarche féline de son sous-secrétaire au réferentiel bondissant ovale. Il venait au rapport... il ne serait pas deçu! De son petit doigt grassouillet, elle appuya sur la touche "play" de la mini-chaîne. James Brown lança son premier "I'm a sex machine" au moment où l'homme franchissait la porte capitonnée du bureau, la laissant entrouverte.
- Bernard, la porte, sussura Roselyne qui se trémoussait lascivement au dessus d'un miroir posé sur le bureau tendu d'un tissu blanc...

10:58 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nouvelle

24/02/2009

La maîtresse décolle

IMG_0001.jpgrêve n°3
C'était son chignon qui me fascinait... Depuis le début de l'année, Madame Blow était ma maîtresse d'école. Les copains, peu charitables, se moquaient de mon goût prononcé pour cette petite femme sans âge. Chaque semaine, un nouveau sobriquet affublait notre institutrice. La semaine dernière, c'était "la panthère rosse" ! Un manteau de fourrure (synthétique vue la maigreur des appointements du corps enseignant) et une propension à noter de façon sévère, et c'était suffisant pour les faire se marrer pendant quelques jours! Cette semaine, c'était plus fin... Nous avions commencé l'étude d"Amerika" de Kafka... depuis Miss Blow (qui nous faisait aussi des cours de littérature comparée) n'apparaissait plus dans l'imaginaire collectif de notre classe que sous le charmant surnom de "Kafkaline"... c'est vrai que parfois, elle sentait un peu le renfermé, la maîtresse! Vendredi, nous finissions exceptionnellement à 15 heures.Les copains étaient déjà partis, un ballon à la main, vers le parc du pensionnat. La porte de la salle de Madame Blow était entrouverte. J'approchais du rai de lumière qui déflorait la douce pénombre du couloir. La jupe écossaise pendait comme un trophée à une patère du mur. Un feulement rauque me fit sursauter... la panthère... j'approchais de la porte et collais mon oeil au chambranle. La maîtresse était debout sur le bureau, gainée dans un panty fortifié de baleines plastifiées. On aurait dit un projet fou de Ferdinand Von Zeppelin. Un homme était juché sur une petite échelle posée à même le rebord du bureau. Il grimpait lentement vers le textile opaque qui sanglait notre institutrice. Ses mains posées sur la chair blette semblaient provoquer chez notre maîtresse des gémissements qui s'amplifiaient. Elle castafiorait maintenant à gorge déployée... Elle hurla soudain... Je décolle, je décolle...
Les tympans vrillés, je détalais... pas la moindre envie d'assister à l'atterrissage! 

10:06 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nouvelle

21/02/2009

L'accorte encordée

IMG_0002.jpgrêve n°2
Conseil du divin Marquis
A la jeunesse inassouvie...
Afin d'assurer l'ascension vers le sommet
Il est vivement conseillé aux inexpérimentés
De solidement s'encorder
Afin de ne pas, la crevasse venue
S'épandre sans retenue
Au grand dam de l'ingénue
Qui n'aurait plus pour seul codex
Qu'une discrète mise à l'index.
                                    Donatien

18:49 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nouvelle